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SYLVAIN ALEM - Doctorant en Sciences de la Vie et de la Santé

Quel est votre parcours universitaire/professionnel et en quoi a consisté votre sujet d'étude ?
À la suite d’un bac scientifique (spécialité Sciences de la vie et de la Terre), j’ai effectué toutes mes études supérieures à l’université François Rabelais de Tours. Tout d’abord à l’UFR de Médecine, où j’ai tenté deux fois de suite le concours de la première année puis, à l’UFR Sciences et Techniques où j’ai obtenu une licence de Sciences du vivant. Je dois dire que les connaissances ainsi que les méthodes de travail acquises en Médecine ont constitué un socle solide et confortable sans lequel la licence ne se serait peut être pas si bien passée. Par la suite je me suis inscrit en première année de master (Biologie intégrative et évolutive) avec l’idée de tenter le CAPES (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) en cours d’année. Durant ce M1, j’ai effectué un stage de recherche en laboratoire (dans lequel j’allais réaliser ma thèse plus tard...). Ce stage m’a plu au point d’en oublier de me présenter au CAPES. À la suite de cette expérience, je me suis inscrit en master 2 recherche et ai réalisé mon stage dans le même laboratoire. À la fin de mon M2, mon encadrant est venu me voir en me proposant une thèse qui s’inscrivait dans la continuité des travaux déjà réalisés...

Mon sujet de thèse s'intitulait : « Du jeu des sélections chez une pyrale musicienne : Etude de l’origine, de l’évolution et du maintien des comportements sexuels ». Il consistait à étudier les influences simultanées des sélections naturelle et sexuelle sur l’origine, l’évolution et le maintien des traits sexuels chez une pyrale, la petite teigne de la ruche (Achroia grisella). Chez cette pyrale, les mâles forment des groupes de pariades (leks) et produisent un chant d’appel ultrasonique intense pour attirer les femelles. Ces dernières choisissent un partenaire sexuel en se basant sur des caractéristiques acoustiques spécifiques du chant masculin. Cependant les signaux sexuels ultrasoniques des mâles peuvent également attirer des prédateurs : les chauves-souris insectivores. Au cours de mes travaux, je me suis intéressé à la façon dont ces différentes pressions de sélection interagissaient pour modeler (1) l’évolution du choix des femelles, (2) le maintien et l’évolution du lek et (3) l’origine de la communication acoustique sexuelle.

Comment avez-vous vécu votre thèse ?
D'une manière générale, ma thèse s'est déroulée dans d'excellentes conditions, au sein d’une équipe très soudée. J’ai apprécié effectuer des collaborations avec des chercheurs de laboratoires extérieurs. Il est très enrichissant de vivre la recherche dans un cadre qui diffère de l’habituel et ça permet également de nouer des relations professionnelles capitales. La participation aux congrès internationaux est aussi fondamentale de ce point de vue, même si les oraux sont toujours source de stress... La publication du premier article en premier auteur a également représenté un moment fort de ma thèse.

Que vous a apporté cette expérience ?
Durant ma thèse j’ai été assez libre dans la façon de mener mon projet de recherche. C’était très instructif, aussi bien personnellement que professionnellement.

La thèse constitue une véritable tranche de vie, avec ses hauts et ses bas. Comparer à d’autres cursus, nous devons apprendre à faire face à l’échec (par exemple, d’expériences qui ne fonctionnent pas) et apprendre à le dépasser pour en tirer des leçons et se projeter au-delà. Ce n’est pas un exercice facile mais nécessaire pour avancer. Cette expérience de vie m’a également permis de mieux cerner mes capacités, mes points forts ainsi que mes limites.

D’un point de vue professionnel, ma thèse m’a également permis d’étoffer richement mon CV. Du fait de la liberté accordée par mon encadrant, j’ai l’impression d’avoir vraiment été formé au métier « multi-facette » de chercheur. Concrètement, cette thèse m’a permis d’apprendre à mener un projet de recherche à bien (du balbutiement d’une idée à la publication des résultats), d’affiner ma réflexion scientifique, de devenir expert dans mon domaine de recherche, de me perfectionner dans des techniques de pointe, d’échanger et de collaborer avec des laboratoires extérieurs, de communiquer sur mes travaux aussi bien à l’écrit qu’à l’oral et pour le grand public comme pour la communauté scientifique, de surmonter les difficultés techniques, humaines ou administratives, d’organiser des événementiels, d’enseigner et d’encadrer des étudiants lors de projets... Ce panel unique de compétences multiples constitue pour moi un atout de valeur du cursus de doctorat.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite suivre cette voie ?
La thèse est un travail très approfondi qui nécessite de la persévérance, de la patience, de l’endurance et de la passion. C’est une course de fond.

Apprenez à connaître votre encadrant et renseignez vous sur l’ambiance général du laboratoire d’accueil au sein duquel vous projetez de passer au moins trois ans.

Soyez au fait des réalités des débouchés, la thèse ne représente qu’une étape.

Quelle est votre situation actuellement ?

J’ai soutenue ma thèse fin novembre 2012 et suis actuellement à la recherche d’un post-doctorat, de préférence à l’étranger.