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NGO QUOC CHIEN - Doctorant en Droit

Quel est votre parcours universitaire/professionnel et en quoi a consisté votre sujet d'étude ?
J’ai une licence en Sciences poliques (bac+4) de l’université nationale du Vietnam (2000), un master 2 en Droit des affaires internationales de l’université François-Rabelais de Tours délocalisé à l’université du commerce extérieur au Vietnam (2007) et un diplôme de traduction de l’ESIT (École supérieure d'interprètes et de traducteurs).

Je maîtrise le vietnamien et le français, je suis traducteur de plusieurs œuvres scientifiques (notamment de Trinh Xuan Thuan, qui traite de l’astrophysique) et juridiques.

J’ai obtenu en 2009 une bourse d’excellence Eiffel du Ministère des affaires étrangères français pour préparer ma thèse en droit privé avec le professeur Hadi Slim. Je me suis inscrit à l’université François-Rabelais de Tours le 1er octobre 2009. J’ai soutenu ma thèse le 21 juin 2012. J’ai traité le sujet de la franchise sous le prisme du droit comparé franco-vietnamien.

Comment avez-vous vécu votre thèse ?
Le début de ma thèse était difficile, à cause des différences dans la méthodologie. La méthode vietnamienne n’est pas forcément la méthode française. La présentation du premier plan de thèse était une honte pour moi. Le travail est d’autant plus compliqué lorsqu’on traite du droit comparé. La maîtrise de son propre droit n’est déjà pas chose facile, encore faut-il maîtriser un droit étranger. Et puis, dans le cadre d’une thèse de co-tutelle, il faut plaire aux deux directeurs qui sont dans deux pays différents.

Heureusement, j’ai des collègues doctorants qui m’ont beaucoup aidé, tant au niveau de la recherche, qu’au niveau de la vie quotidienne. J’ai toujours en mémoire l’ambiance dans la salle D113, aux Deux-Lions. On parlait de sa thèse, de ses travaux dirigés, de ses soucis pour l’avenir professionnel. On partageait des moments crazy, mais aussi très sérieux. Sans cette ambiance, la vie de thèse aurait été bien plus triste.

Que vous a apporté cette expérience ?
Je n’ai pas raté mes trois années de thèse. Elles m’ont été très fructueuses. Préparer une thèse, c’est se préparer à la vie universitaire. Mais pour moi, ce qui est le plus important, c’est avoir fait un exercice intellectuel qui me permettra de vivre mieux. Grâce à ces trois années, j’ai eu une méthode de recherche intéressante que je partage actuellement avec les jeunes de mon pays.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite suivre cette voie ?
La vie de thèse est triste et pénible, on le sait. Chacun a sa façon de la rendre moins pénible. Pour moi, c’est de bien me préparer. Avoir une bonne bibliographie avant de se lancer dans cette voie s’avère important.

La maitrise de la langue est aussi très importante pour les étudiants étrangers. Il faut en outre comprendre une culture qui est très difficile de la sienne. La vie est moins difficile quand on peut partager les valeurs culturelles avec ses collègues. Intégrer un groupe n’est pas évident pour un étranger. Il lui faut alors doubler son effort pour ouvir son esprit. Rester dans son coin n’est jamais une bonne tactique.

Quelle est votre situation actuellement ?
Enseignant à l’université du commerce extérieur à Hanoi (Vietnam), j’enseigne le droit des obligations et le droit international privé. Je suis responsable des masters français délocalisés à mon université.