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MARIE-ANTOINETTE MARTEIL - Doctorante en Études germaniques

Quel est votre parcours universitaire/professionnel et en quoi a consisté votre sujet d'étude ?
Mon parcours universitaire et professionnel est plutôt atypique :
- bac : 1961 (sciences expérimentales) à l’école normale d’institutrices de Saint-Brieuc où le cursus normal était de quatre ans : seconde à terminale et année de formation professionnelle (1958-1962)
- institutrice : 1962-1965
- licence : 1967
- maîtrise : 1969
- capes (certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré) : 1970
- professeur certifiée : 1970-1972
- bi-admissible agrégation : 1971 et 1973
- au foyer de 1972 à 1980
- professeur en lycée : 1980-2002
- DEA en 1996
- inscription en thèse en 2002

Mon sujet de thèse s'intitule : « L’œuvre de Bertha von Suttner de 1880 à 1897. Une aristocrate autrichienne en rupture avec la tradition ». Il correspondait à mes intérêts de toujours avec les trois problématiques : la paix, les femmes, Dieu. En fait, Bertha von Suttner a eu le prix Nobel de la Paix en 1905 mais j’ai étudié les raisons profondes de son attachement à la paix, qui tiennent à sa position de femme (à son genre !) et à sa foi dans la raison qu’elle appelle la « nouvelle religion ».

Comment avez-vous vécu votre thèse ?
Ce fut un temps très fort intellectuellement car il m’a fallu reprendre toute ma formation. J'ai eu une rencontre importante avec deux professeurs qui m’ont aidée à surmonter la désespérance où m’avait plongée mon premier directeur de thèse. Le premier m’a aidée à changer de directeur et la nouvelle directrice a été une vraie bénédiction. J'ai aussi rencontré de nombreuses difficultés :
- je n’habite pas dans une ville universitaire alors pour les documents ce n’était pas facile ;
- comme je l’ai dit, j’ai dû lire et relire des tas de livres que j’avais oubliés ou lus sans prendre de notes car lus avec une tout autre perspective ;
- il n’est pas évident d’acquérir le jargon universitaire ;
- travaillant sur une Autrichienne peu connue, les documents étaient rares.

Que vous a apporté cette expérience ?
Professionnellement rien puisque j’ai réellement commencé quand je suis partie en retraite. Personnellement beaucoup : ça m’a permis d’étayer mes convictions dans bien des domaines et de réfléchir à des sujets que je ne voulais pas aborder tels que la politique ou l'économie.

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui souhaite suivre cette voie ?
Une thèse, c’est un challenge. Il faut savoir pourquoi on la prépare et où on a envie d’aller :
1) on entame la recherche pour la recherche (mon cas) ou pour le titre ?
2) quelle est l’importance du titre : gloire ? marche vers un pouvoir ? stade dans le métier ?
3) le thème choisi est-il important pour moi ou bien c’est juste pour avoir un sujet ?

Les questions à se poser ne font jamais plaisir mais le chemin est ardu et, si on fonce tête baissée, on se plante et les questions surgissent d’elles-mêmes.

Quelle est votre situation actuellement ?
Je suis en retraite… mais j’entame une série de conférences et je travaille à la publication de ma thèse.